Ami visiteur, sois le bienvenu !

Cette fin d'année est propice, je veux le croire, à la manifestation du désir de donner une suite à cette entreprise balbutiante depuis trop longtemps.
Peut-être l'année 2012 me permettra-t-elle d'aller plus loin et de rencontrer mes amis !
A bientôt !

mardi 20 mars 2012

J'écris (Messaour Boulanouar)


J’écris pour que la vie soit respectée par tous
je donne ma lumière à ceux que l’ombre étouffe
ceux qui vaincront la honte et la vermine
J’écris pour l’homme en peine l’homme aveugle
l’homme fermé par la tristesse
l’homme fermé à la splendeur du jour
J'écris pour vous ouvrir à la douceur de vivre
J’écris pour tous ceux qui ont pu sauver
de l’ombre et du commun naufrage
un coin secret pour leur étoile
un clair hublot dans leurs nuages
J’écris pour la lumière qui s’impose
pour le bonheur qui se révèle
J’écris pour m’accomplir au cœur de mes semblables
pour que fleurisse en nous le désert froid du mal
J’écris pour que la terre m’appartienne
chaude tendre et joyeuse
J’écris pour apaiser mon sang
mon sang violent et dur et lourd de siècles
                                                                              
J’écris pour partager ma joie
avec ceux qui m’écoutent
J’écris pour être heureux, pour être libre
pour tous les hommes vrais
qui comprennent mes cris ma peine et mon espoir
J’écris pour éveiller l’azur
au fond des yeux malades
au fond des vieux étangs de honte

J’écris pour qu’on défende                                                  
pour qu’on respecte
l’arbre qui monte
le blé qui pousse
l’herbe au désert
l’espoir des hommes.

Messaour Boulanouar, extrait de La Meilleure Force, tiré de Quand la Nuit se brise, anthologie de poésie algérienne,  Points édition
 Musique : Claude Nougaro, Les Mots, album La Note Bleue

lundi 19 mars 2012

Manos Locas et Compagnie

Elle vient de naître, cette jeune association pleine de promesses. Promesses de voyages dans l'espace et dans le temps, dans les têtes et dans les coeurs, dans les eaux profondes et les cieux limpides, sur les monts dénudés et à travers les nuées.
Promenons-nous sans modération dans les méandres de ses textes et de sa galerie de portraits de... marionnettes.
Sophie, tes personnages seront ravis de peupler ton album de photographies spécialement conçu pour eux. Et nous, eh bien nous serons enchantés de faire leur connaissance et de nous laisser conduire sous leur houlette dans ton monde.
http://manoslocasetcompagnie.wordpress.com/

Superbe galerie de personnages attachants… Grands yeux ouverts sur le monde… Traces d’inquiétude, d’étonnement, de fatalisme, de curiosité, de facétie, de connivence… Et les mains du logo, elles-mêmes devenues visage... nous entrons vraiment dans l’univers de la magie des petites mains et des grands sentiments.

mercredi 7 mars 2012

UTOPIE... DRÔLE DE PAYS




Le 3 février dernier Le Pays Briard a publié quelques lignes de réflexion sans le titre « Randonnée au pays qui n'existe pas ».
 
Cette omission, en apparence anodine, abolit l'idée suivante : ce pays n'existe pas mais je peux y cheminer, y errer aussi. Voilà matière à méditation.
Comme le souligne Denis Vincent dans sa réponse du 10 février, l'homme est pris entre une aspiration vers le Bien et sa difficile condition.
Et là réside une matrice de l'utopie.
Utopies les cathédrales ? Certes, mais utopies réalisées.
L'abbaye de Thélème reste, quant à elle, une utopie évoquant la différence entre le droit naturel et le droit positif. La société parfaite, si elle existait, n'aurait pas besoin de lois...
L'imaginaire est assis entre deux chaises. La réalité à laquelle on cherche parfois à échapper et le rêve. Et il arrive que le rêve devienne réalité. Les deux chaises ne font plus qu'une.
Le temps pousse l'homme à s'évader de sa condition. Mais le temps prend son temps. C'est sa force. L'histoire des civilisations se développe dans un temps qui dépasse largement celui d'une génération.
Albert Jacquard en a une conscience aiguëe au soir de son existence. Il l'exprime dans son ouvrage intitulé « Mon Utopie ». Il y décrit son pays qui n'existe pas, qu'il a pourtant parcouru, délimité tout au long de son existence. Il inscrit entre ses frontières sans réalité l'espoir du lent cheminement de l'humanité rassemblée vers ce magnifique pays qui n'existe pas.

Et moi je rêve. Les dirigeants politiques ne luttent plus, individu contre individu, pour asseoir un pouvoir. Ils unissent leurs forces. Ils élèvent le débat pour conduire les peuples rassemblés vers cette terre promise si riche parce que l'utopie l'a fécondée.
Quelques sentiers d'utopie ? La prise de distance par rapport à notre époque, à nos habitudes de penser. L'ouverture à d'autres modes de voyager vers la sagesse. Le respect des religions, de toutes les religions aussi bien que de l'athéisme ou de l'agnosticisme. Ainsi trouverons-nous, par delà les divergences évidentes, les nombreux points communs si bien cachés, nombreux points de rencontre.
L'école a un rôle central à jouer au cours de ce voyage. Mais quelle école ? That is the « big » question. Grande question, en effet, qui a fait, fait et fera couler beaucoup d'encre. Mais ceci est une autre histoire.

dimanche 19 février 2012

La vitesse et l'âge

Une citation d'Albert Jacquard in "Mon Utopie"     2006

     Dans notre société où la vitesse est une valeur, la tentation de l'école est d'apporter du savoir sans trop se préoccuper de la compréhension. C'est se contenter d'un plat surgelé qui a perdu sa finesse et surtout qui n'aiguise pas l'appétit.

lundi 13 février 2012

Réponse de Denis Vincent (Randonnée au pays qui n'existe pas)

A PROPOS DE L'UTOPIE

Les grandes utopies ont jalonné d'âge en âge notre passé. Denis Vincent revient sur la "plume" (Le Pays Briard du 3 février) de Guy Couespel à propos du débat sur les prochaines élections.

    L'utopie est une générosité de l'imagination. Une aspiration de l'homme pensant, cherchant la justice, l'ordre, l'harmonie, la fraternité, etc... L'homme est pris entre une aspiration vers le Bien et la difficile condition humaine.
    Les grandes cathédrales de France ont été des utopies. Le palais de Versailles est né d'une utopie. En littérature, Rabelais via Gargantua, bâtit l'abbaye utopique. L'utopie rabelaisienne n'est pas séparée de la Rédemption d'un Dieu agissant dans l'incarnation du Verbe.
    L'homme seul ne peut bâtir la cité idéale. Il suit les voies du Ciel par les voies exotériques de Salut et par l'ésotérisme des symboles et des nombres. Le Paradis perdu hante l'homme. Il rêve cet âge d'or. Cette hantise se traduit dans les utopies sociales les plus proches de nous. Elles aussi ont leur paradis et sont à la recherche de leur âge d'or. Hélas, les programmes électoraux et les promesses de leurs hérauts ne sont pas des utopies. Ils répondent seulement à des urgences et à des situations très éloignées d'un imaginaire.

Réaction parue dans le Pays Briard du 10 février 2012

lundi 6 février 2012

Quoi de nouveau sous le soleil ?

La Bruyère     -     L'injustice sociale




C'est en 1645 que naquit La Bruyère. Il y a donc 367 ans cette année. Je le relis avec grand plaisir. Peut-être son expression surprendra-t-elle des lecteurs du vingt et unième siècle. Mais les propos sont d'une terrible actualité.
 
Il y a des misères sur la terre qui saisissent le coeur. Il manque à quelques-uns jusqu'aux aliments ; ils redoutent l'hiver ; ils appréhendent de vivre ; l'on mange ailleurs des fruits précoces ; l'on force la terre et les saisons pour fournir à sa délicatesse. De simples bourgeois, seulement à cause qu'ils étaient riches, ont eu l'audace d'avaler en un seul morceau la nourriture de cent familles. Tienne qui voudra contre de si grandes extrémités ; je ne veux être, si je le puis, ni malheureux, ni heureux ; je me jette et me réfugie dans la médiocrité.
Il y a une espèce de honte d'être heureux à la vue de certaines misères.
L'on voit certains animaux farouches, des mâles, et des femelles, répandus par la campagne, noirs, livides, et tout brûlés du soleil, attachés à la terre qu'ils fouillent et qu'ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée, et, quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine ; et en effet ils sont des hommes. Ils se retirent la nuit dans des tanières, où ils vivent de pain noir, d'eau et de racines : ils épargnent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi de ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé.
Si je compare ensemble les deux conditions des hommes les plus opposées, je veux dire les grands avec le peuple, ce dernier me paraît content du nécessaire, et les autres sont inquiets et pauvres avec le superflu. Un homme du peuple ne saurait faire aucun mal ; un grand ne veut faire aucun bien et est capable de grands maux. L'un ne se forme et ne s'exerce que dans les choses qui sont utiles ; l'autre y joint les pernicieuses. Là se montrent ingénument la grossièreté et la franchise ; ici se cache une sève maligne et corrompue sous l'écorce de la politesse. Le peuple n'a guère d'esprit, et les grands n'ont point d'âme : celui-là a un bon fond et n'a point de dehors, ceux-ci n'ont que des dehors et qu'une simple superficie. Faut-il opter ? Je ne balance pas : je veux être peuple.

mercredi 1 février 2012

Randonnée au pays qui n'existe pas...

     Elections présidentielles 2012. Tous les candidats aspirant aux responsabilités suprêmes – ou presque – sont sur la ligne de départ. Et les promesses d'avenir meilleur de crépiter au creux de nos oreilles blasées.
    Oui, la société parfaite est pour demain, c'est sûr.
    Chacun a sa recette magique. Renouveau, changement, changement dans la continuité (on a entendu cela par le passé), plein emploi, sécurité, logement pour tous, éducation de pointe ( sans oublier – bien entendu – les enfants et les jeunes gens souffrant de handicaps variés), culture développée, droit universel à l'accès aux soins de qualité... Liberté, égalité, fraternité... Justice... Laïcité...
    Promesses.
    Rêve ? Illusion ? Chimère ?
    Tout cela me fait penser à cette société idéale – mais imaginaire – désignée en 1516 par Thomas More sous le nom d'UTOPIE. Etymologiquement : le lieu qui n'existe pas, le non-lieu.
    Rêver la société idéale, c'est un exercice intéressant, vivifiant même. Et pourtant...
    Le premier obstacle à cet exercice ne tient-il pas au fait que l'utopie n'est pas singulière mais plurielle ? Le visage de l'idéal sourit différemment, ne renvoie pas la lumière de la même façon selon qu'il est esquissé par François Hollande ou par Nicolas Sarkozy, par Jean-Luc Mélenchon ou par Marine Le Pen, par François Bayrou ou par Eva Joly.
    Il n'existe donc pas une utopie mais des utopies. Comment se mettre d'accord ?
    Si l'entente sur le but est difficile à atteindre, que dire des opinions divergentes relatives aux moyens de déjouer les contraintes de la réalité ?
    Il faut se faire une raison. L'utopie est bien le lieu qui n'existe pas. C'est tout de même une lumière, une espérance, peut-être le témoin d'un paradis perdu.
    Victor Hugo disait : « L'utopie est la vérité de demain ». C'est un phare, une lumière d'espoir. Pour Théodore Monod « c'est simplement ce qui n'a pas encore été essayé ».
    Alors essayons !
    Et ne nous privons pas de rêver l'avenir. Si la réalité est plus morose, plus contraignante, elle ne peut pas nous priver de notre liberté de penser, d'imaginer, de rêver... et de nous confronter à nos contemporains en gardant à l'esprit... qu'il faut de tout pour faire un monde !
    Notre bien le plus précieux est cette liberté conditionnée seulement par notre aptitude à respecter ceux qui pensent autrement.